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1) « Articuler » les gestes.

Le soundpainting est un langage; comme tel il implique un travail d’articulation nécessaire pour se faire comprendre des performers. Chacun des gestes doit être répété, de préférence devant le miroir pour vérifier sa lisibilité.

2) « Cultiver » les possibilités de chaque geste.

Chaque geste est un matériau qui permet une multitude d’applications. Il s’agit d’explorer ces possibilités, de voir tout ce qu’un seul geste peut permettre. Comme cela se passe dans une langue naturelle, où le sens d’un mot ne se livre qu’au gré de ses diverses utilisations.

Un bon exercice consiste à écrire une dizaine de phrases ne mettant en jeu qu’un geste de contenu (ex. son tenu), afin de se forcer à en envisager les différentes facettes.

3) Imaginer des phrases (simples d’abord et en respectant la grammaire), les signer et essayer d’anticiper le résultat sonore (même sans performers).

 

1) A la fin de chaque séance, les performers doivent identifier les phrases ou combinaisons de gestes dont la réalisation leur a posé problème et travailler dans leur discipline les réponses appropriées, voire demander conseil à leur professeur pour savoir comment travailler ce domaine technique.

2) Chaque geste de contenu pouvant servir de fil conducteur pour une improvisation, les performers peuvent chercher différentes idées de développement sur chacun des gestes.

son tenu : jouer sur une note seulement en variant les nuances, le timbre (son éolien, flatterzunger, près du chevalet, en harmonique,…), faire varier insensiblement sa hauteur (en jouant sur la corde, l’orientation de l’embouchure), jouer avec le vibrato, injecter des silences dans cette note comme lorsque le peintre lève son pinceau en continuant le geste; alterner deux notes tenues (les laisser résonner), passer de l’une à l’autre par glissando, associer une nuance à chacune d’elle, modifier la nuance de chacune (comme deux personnages dont l’un s’éloigne tandis que l’autre se rapproche),…

pointillisme : restreindre les paramètres de jeu (rester dans un seul registre de l’instrument, aigu, grave ou medium), jouer avec peu de notes (1, 2 ou 3), adopter une vitesse (grappes de sons très rapides, ou à l’inverse enchainements assez lents de sons staccato), choisir une densité de discours (interventions entrecoupées de silences plus ou moins longs, durée des silences entre 0 et 5 secondes), laisser les doigts courir sur l’instrument tout en variant le volume (de silence à ff),…

Stabfreeze : tout en jouant une mélodie, une formule rythmique, ou en improvisant librement, s’entrainer à créer de très petites boucles spontanées (donc être capable de rejouer de façon répétitive les éléments que l’on vient juste de jouer), donner à ces boucles une durée irrationnelle par rapport à ce que l’on faisait avant (exemple, si je joue une mélodie à un certain tempo, l’effet disque rayé peut donner l’illusion d’un autre tempo)